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  • Amandine Maurice

Pourquoi nos interventions sont (souvent) inefficaces lors des crises de nos enfants ?

Quand on est devient parent, le plus souvent, on imagine notre famille heureuse, unie, pleine de joie.

Evidemment, on entend parler du « terrible two », de cette phase où les enfants font des crises mais quand on est jeune parent, on ne se rend pas bien compte de la réalité d’un enfant en crise.

Quand on est un parent qui pratique la parentalité consciente/positive/respectueuse (appelez-la comme vous le voulez), on a lu beaucoup de livres. On s’est renseigné. On connait l’importance de tourner ses phrases positivement pour le cerveau*, on a lu quelle phrase dire à son enfant en cas de crise, on sait qu’il faut « accueillir » les émotions de son enfant, on veut être le.la plus bienveillant.e et calme possible. Ok c’est bien beau tout ça. Mais dans la réalité, comment ça se passe ?


On n’avait pas imaginé que le quotidien nous rattraperait, que la fatigue serait encore présente après 2 ans car on enchaine depuis la naissance des nuits avec moins de sommeil qu’avant (bel euphémisme pour certain.es dont le.s enfant.s ont des difficultés avec le sommeil).

On n’imaginait pas que le stress ressenti au travail rejaillirait à la maison.

On n’imaginait pas l’insécurité financière qu’on peut vivre en ces temps d’inflation. On n’imaginait pas qu’on aurait besoin de souffler seul.e, d’avoir du temps rien qu’à soi, d’avoir parfois la sensation de manquer de liberté.

On n’imaginait pas qu’entendre son bébé ou son enfant pleurer nous ferait nous sentir aussi démuni.e, aussi impuissant.e.

On n’imaginait pas que des traumas pouvait venir faire basculer l’équilibre et le bonheur familial.

On n’imaginait pas qu’élever des émotions ferait remonter des souvenirs douloureux et des émotions refoulées il y a longtemps.

On n’imaginait pas que tout le poids de notre enfance et de notre éducation serait sur nos épaules.

On n’imaginait pas qu’on serait jugé.e en tant que parent par toute la société, par la famille, par les ami.es, par certains professionnels de la santé alors même qu’on fait de notre mieux.

On s’imagine souvent que c’est simple et finalement, être parent c’est souvent beaucoup plus compliqué qu’on le pensait, qu’on le voudrait.


Tout ça est source de stress.


Et le stress impacte nos relations avec nos enfants. Comment rester calme et accueillir les pleurs de nos enfants quand on a une journée épuisante et stressante dans les jambes ?


C’est impossible car notre cerveau, ayant déjà accumulé beaucoup de stress au cours de la journée, de la semaine, des derniers mois, va considérer notre enfant en crise comme un danger et envoie un signal à l’amygdale cérébrale qui produit adrénaline et cortisol.


Notre cerveau a alors 3 choix possibles : l’attaque, la fuite ou l’inhibition (ce qui se produit souvent lors d’une agression).

T

rès souvent, nous sommes dans l’attaque (crier, gronder, punir, frapper pour certains parents, etc.) ou dans la fuite (céder, ne pas répondre, aller sur les réseaux sociaux, boire un verre de vin, etc.). L’inhibition ne permettant pas à la tension de sortir du corps, elle peut être dangereuse à long terme et entrainer un burn-out ou une dépression. Le cerveau se protège en choisissant davantage l’attaque ou la fuite.


Pas de culpabilité, tout le monde réagit comme ça quand on est sous stress.


Personnellement, quand je suis sous stress, je suis dans l’attaque. Il m’arrive de crier, et même quand j’essaie de rester calme, tant que je n’ai pas régulé mon stress, j’ai toujours les mâchoires serrées, les sourcils froncés. Bref, je suis dans une posture d’attaque.


Peu important qu’on soit en mode attaque ou fuite, on remarque que nos interventions auprès de nos enfants alors que nous sommes sous stress sont peu concluantes. Peu importent toutes les jolies phrases qu’on peut dire pour l’accueillir, si nous sommes sous stress notre enfant le ressent.

Son propre cerveau y voit alors une menace ce qui engendre également du stress et donc des réactions : attaque, fuite ou inhibition.

C’est pour ça que tant de petits tapent quand on les gronde, ils sont dans l’attaque. Mon fils est dans l’attaque quand je suis moi-même dans l’attaque. Or, pour réussir à se calmer, les enfants ont besoin que l’adulte qui les accompagne régule auparavant son stress.


La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire quelque chose !


Isabelle Filliozat utilise la métaphore du masque à oxygène. Comme dans un avion, en cas de dépressurisation, le parent doit d’abord mettre son masque à oxygène avant de s’occuper de mettre celui de l’enfant.


Il existe de nombreuses techniques pour réguler son stress que j’aborde lors de mes consultations « stop aux crises ». Personnellement, j’aime beaucoup caresser mon chat et respirer profondément dans une paille pour me calmer.


Et vous, que faites-vous pour réguler votre stress ? Connaissez-vous d’autres techniques?


Vous souhaitez réduire votre stress et celui de votre/vos enfant.s ? Vous souhaitez retrouver une harmonie familiale et ne savez pas comment vous y prendre ? Je suis disponible pour vous accompagner avec bienveillance et sans jugement !


*il a été prouvé par des études que le cerveau de l’enfant a du mal à intégrer la négation. Quand on dit à un enfant « ne mets pas les pieds sur la table », il entend « mets les pieds sur la table ».

Crédit photo: Istockphoto.com

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